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La Fashion Week 2021

Bolbec a été au premier plan dans le domaine de la mode : son positionnement dans le secteur du textile, avec ses entreprises qui ont fait sa gloire, ainsi que par les produits textiles qui ont été fabriqués dans ses usines. Tout en gardant ses traditions vestimentaires  (tenues et coiffes), Bolbec a su influencer son temps. A l’heure actuelle, les plus grands créateurs s’inspirent de ces tenues, de ces tissus et de ces traditions. Les habitants de Bolbec savaient  s’habiller et “taper dans l’œil” de personnes étrangères  comme en témoigne Benjamin Franklin en 1785 :  « Le peuple de cette ville est bien vêtu, bien nourri et beaucoup plus riche que celui que j’ai rencontré dans les régions de vignobles, avantages dus à la prospérité de ses fabriques de toiles (…) Les femmes du peuple y sont bien habillées, de soie en passementerie de Rouen et coiffées de belles batistes. » Ainsi, la plupart des habitants portent le fameux costume traditionnel normand.

Il est différent selon les genres et selon les provinces de la Normandie. Pour les femmes, il se constitue d’un corps (d’un corset), d’une jupe, et d’un tablier pour les jours de fêtes. Il était créé avec des tissus locaux, c’est-à-dire de lin ou de coton. Pour compléter leurs tenues, elles portaient un « fichu »,  grand mouchoir qui couvre les épaules et le cou. Elles pouvaient aussi porter des bijoux normands, c’est-à-dire, de gros bijoux religieux ou encore un collier appelé « esclave » : trois plaques en or reliées à des chaînes. Des bijoux  (fermoirs) étaient utilisés pour maintenir leurs capes.  Elles portaient une coiffe, selon leurs origines normandes, pour Bolbec c’était une coiffe cauchoise. Cette dernière est spécifique : c’est un grand bonnet coloré, avec un fond rond, brodé,  entouré d’un tissu blanc, quelquefois en soie. Cette tenue traditionnelle féminine est encore une source d’inspiration, notamment dans son squelette, on le retrouve sur le podium du défilé automne-hiver 2015 de Victor & Rolf, par sa coupe et les éléments qui composent la robe de la marque (corset, jupe, et cape ressemblant à un « fichu »).

Les hommes ont pu influencer grâce à leur style. En effet, les bolbécais portaient aussi une tenue traditionnelle normande,  constituée d’une chemise, appelée “blaude”, d’une veste, d’un mouchoir de cou, dont le tissu pouvait varier selon sa provenance, d’un pantalon à pont, mais aussi d’une culotte pour les jours de cérémonies. Ils portaient des boutons de manches,  des montres et des bijoux tels que, des boucles de chaussures. Ils se coiffaient aussi d’un chapeau haut de forme ou d’une casquette. Ces pièces ont voyagé à travers le temps, jusqu’à aujourd’hui,  sur les podiums, où l’on distingue notamment une pièce emblématique, le pantalon à pont. Ce dernier est une pièce incontournable de la mode, que les stars d’aujourd’hui abordent de toutes les couleurs. On reconnaît le pantalon à pont notamment dans une des collections de Balmain, mais encore lors du défilé des métiers d’art de Chanel en 2017.

Les habitants de Bolbec, à l’époque, s’habillaient en fonction de la production textile, fabriquée dans les usines. Ainsi, un des premiers produits textiles qui a fait la renommée de Bolbec est le mouchoir. Il était à l’époque le premier produit textile de la ville. Il a eu un grand succès au XVIIe siècle ainsi qu’au XIXe siècle.  Le mouchoir servait principalement pour se moucher, mais pouvait aussi pouvait être porté comme un accessoire, pour compléter la tenue : comme mouchoir de cou pour l’homme et en “fichu” pour la femme. Les mouchoirs, les plus connus à Bolbec, étaient les mouchoirs façon  Béarn et les mouchoirs façon Cholet. Ces deux types de mouchoirs ont donné à Bolbec une renommée dans le monde du textile à travers le pays. Bolbec produisait aussi des mouchoirs imprimés,  très populaires au XIXe siècle. Ils étaient produits comme des indiennes, et servaient à annoncer un évènement culturel ou sportif, des informations publiques ou encore de la propagande. De nos jours, le mouchoir en tissu est plus un accessoire qu’un produit hygiénique, les mouchoirs en papier ayant remplacé les mouchoirs en tissus. Dans les défilés, on le retrouve dans des tenues, toujours en tant qu’accessoire, à la fois pour décorer un sac, dans la collection de Brandon Maxwell printemps-été 2021, ou encore porté comme une cravate sur les podiums de Gucci ou Chanel, comme les bolbécais en leur temps, ou  en mouchoir de poche dans des évènements comme le Pitti Uomo à Florence (ITALIE), festival où la tenue correcte est exigée pour les hommes. Plus récemment, on a pu remarqué une femme portant un mouchoir autour de son cou, lors de la collection printemps 2022 de Zanini.

Les indiennes, qui tirent leur nom des tissus amenés par la Compagnie des Indes, sont des produits incontournables de la Ville de Bolbec. Ils étaient surtout imprimés pour le mobilier. Ils ont un grand succès au XVIIe siècle. Les femmes de la cour abordaient ces tissus sur leurs habits, mais aussi sur leurs mobiliers, comme Madame de Pompadour qui utilisa des indiennes pour meubler son château de Bellevue, malgré l’Arrêt du Conseil Général du 26 octobre 1686, qui interdisait toute production sur le royaume de France, et qui sera levé le 5 septembre 1759. Ainsi, grâce à cette libération, plusieurs industriels bolbécais y ont installé leurs usines et y ont fait fortune. La production de ces tissus était très spécifique et demandait beaucoup de savoir-faire,  afin de préparer le tissu avant l’impression, puis de l’imprimer pour enfin, le laisser sécher. De plus, les couleurs pour les impressions étaient faites à partir de produits naturels tels que l’indigo, la garance ou encore le safran. On imprimait ces tissus grâce à des planches d’impression, appelées aussi des moules. Une des indiennes les plus connues de Bolbec était le bleu réserve, qui était attaché au nom de la Ville. L’industrie de ce produit connaît un déclin en 1898, les usines fermaient les unes après les autres, la dernière ayant fermé en 1956. Cependant, la mode des indiennes ne s’est pas arrêtée, puisque encore aujourd’hui, on aperçoit dans les défilés, des tenues avec des imprimés d’indiennes.

 

L’industrie de textile de Bolbec reste connue notamment pour la production de tissus en coton,  grâce aux usines Desgenétais, qui seront reprises par Marcel Boussac pendant la première guerre mondiale. Marcel Boussac était  un grand industriel français qui a su conquérir la mode de son époque en inventant le pyjama, faisant sa renommée. Pendant, la première guerre mondiale, il fabriquait dans ses usines des toiles pour avions, qui lui amèneront la prospérité. Puis, par un coup de maître, il a su égayer les vêtements des françaises, en inventant et commercialisant le tissu vichy. Ainsi, il utilisa l’image de Brigitte Bardot, à travers son mariage avec Jacques Charrier, donnant une influence dans la mode. C’est donc grâce à la fameuse robe dessinée et conçue par Christian Dior, ami de Marcel Boussac, que celui-ci réussit à marquer son nom dans l’histoire de la mode, la robe et le tissu étant considérés comme des incontournables, encore aujourd’hui. En effet, le tissu vichy est toujours représenté sur les podiums, et est encore beaucoup utilisé par de grandes marques, notamment lors du défilé printemps-été 2017 de House of Holland.