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Je m’appelle

Je m’appelle Marion Gilbert…

Je m’appelle Odette Maurel mais mon nom de romancière est Marion Gilbert. Je suis née à Montivilliers. Mon père Théophile Maurel est issu d’une longue lignée de pasteurs protestants. Il se marie avec ma mère Marguerite Hélène Bowes en 1866. De cette union naissent 5 enfants : Marguerite, Madeleine, Georges, Edouard et moi, Odette. Au décès de ma mère en 1879, on me confie à ma tante Anna Maurel qui est professeure de piano à Bolbec. Grâce à elle, mon goût pour la musique et pour la vocation de la défense des femmes se confirme.

Je deviens par la suite professeure de piano à Bolbec après mes études secondaires et organiste du temple pendant 9 ans. J’adore peindre, écrire des articles pour les journaux locaux et préparer les éléments pour mes futures œuvres littéraires. En 1902, à l’âge de 26 ans, je quitte Bolbec pour aller à Paris avec Léon Bussard qui deviendra mon mari et dont je suis éperdument amoureuse. De cet amour passionné, naissent mes trois enfants : Claude en 1903, Olivier en 1905 et Alain en 1917.

La plupart de mes romans se déroulent dans les paysages du Pays de Caux en Normandie, là où j’ai passé ma jeunesse. Par exemple, mon roman « Du sang sur la falaise », publié en 1913, a un ressentiment imprévu sur Bolbec « Beuzeboc (Bolbec) s’étale dans une cuvette formée par l’intersection de trois collines… ». Il relate des faits anciens, déguisés, qui se sont déroulés dans la ville. Celui-ci a fait scandale au point qu’un notable fit acheter tous les exemplaires disponibles pour tenter d’en stopper la diffusion.

Un autre de mes romans, « Le joug », a fait, lui aussi, scandale. Ce roman a passionné les féministes, mais les idées et les mœurs de l’époque ne pouvaient pas accepter ce genre d’écrit. Il manque de peu le prix Femina en 1925. J’ai aussi écrit deux ouvrages de technique agricole parus sous mon vrai nom Odette Bussard.

J’ai très vite adopté la cause pour la défense des femmes même si cela était mal vu à l’époque. Cette cause me tient particulièrement à cœur car les femmes, ouvrières, sont traitées comme des esclaves et les bourgeoises étaient mal vues. Je combattais pour le droit des femmes donc pour le droit de vote et c’est ainsi que j’ai fait partie du comité des écrivains du groupe de Jean Cassou.

Par la suite, c’est par le journalisme « journalisme de combat, du féminisme d’avant-garde » que je débute ma carrière en rédigeant des articles d’actualité, des essais et des études pour diverses revues : « la vie féminine », « le petit Parisien », etc… . Mais pour autant, je préfère davantage la musique et écrire des romans.

Grâce à ce métier et au salon littéraire que j’ai créé dans mon appartement parisien, j’ai pu côtoyer de nombreuses romancières ou écrivains comme Lucie Delarue-Mardrus, Duhamel, Léon Frapié etc… .

En 1934, la mort de mon fils Claude Bussard est un véritable drame que je vais tenter d’évacuer en écrivant des poèmes que je réunis sous le titre de « Mon tombeau ». Je m’éteins le 16 mars 1951 à Meudon.

Je m’appelle Léon Desgenétais…

Je suis né le 5 octobre 1854 à Bolbec, mon père François Desgenétais était un célèbre manufacturier dans Bolbec, ma famille a donc une grande réputation dans le secteur de l’industrie et dans la vie politique locale.

Je suis, à mon tour, élu le 9 janvier 1881 au poste de conseiller municipal.

Par la suite le 12 août, je deviens conseiller d’arrondissement, puis réélu  le 28 juillet 1889.

Le 18 mai 1884, je deviens premier adjoint au maire, et à la suite du décès de mon cousin, Henri Desgenétais, j’accède au poste de Maire le 2 janvier 1892.

Ma carrière politique va arriver à son apogée par mon élection au poste de député de la 3ème circonscription du Havre le 20 août 1893, malheureusement je meurs le 23 septembre 1893 à Bolbec, profitant peu de mon élection.

Je suis passionné par le monde équestre, par l’élevage et l’amélioration de la race chevaline, je possède également de nombreux terrains et des élevages de chevaux, c’est pour cela que je défends les intérêts agricoles des cantons de Bolbec, Saint Romain de Colbosc et Lillebonne. Au vu de mon dévouement pour cette cause, le gouvernement me nomme  Chevalier du mérite agricole le 30 décembre 1888, puis président du comité républicain démocratique du canton de Bolbec.

Pour honorer ma mémoire, ma tante fait don de 40 000 francs à la mairie pour construire une école maternelle. De plus, le conseil municipal demande la création d’un buste en bronze à mon effigie, placé dans une niche située sous le fronton de cette école, qui sera inauguré le 18 octobre 1896. Malheureusement il sera enlevé par les allemands pendant la guerre 1939/1945 pour être fondu et servir à la fabrication des armes.

Le conseil municipal me rendra aussi hommage en renommant la place Diane « place Léon Desgenétais » le 30 septembre 1893.